LA  FABRICATION DE LA FARINE MISOLA dans les UPA
(Unités de Production Artisanale)

 

1. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX POUR LA FABRICATION

    • La qualité chimique de la farine repose sur la mise en œuvre de principes rigoureux de fabrication.
  • Choix de matières premières de très bonne qualité.
  • Nettoyage et tri des grains par vannage et/ou tamisage afin d'éliminer les mauvais grains, poussières, terre, cailloux, insectes et toutes autres matières.
  • Décorticage soigneux afin de réduire aux maximum le taux de fibres du produit fini, (cellulose et autres substances non digestibles) susceptibles d’entraîner des troubles digestifs chez le jeune enfant.
  • Les ingrédients sont préparés séparément, puis ils sont rigoureusement pesés et mélangés selon les proportions requises. Il y a, pour certains ingrédients, beaucoup de pertes dans les étapes de préparation, et il faut prévoir des quantités de graines brutes parfois doubles de ce qui sera utilisable.
  • Grillage des graines entières. Le grillage permet d'améliorer la saveur et la digestibilité de la farine et d'en diminuer le temps de cuisson. Certains facteurs antinutritionnels sont détruits par le grillage (antitrypsine du soja et de l’arachide notamment...). Le grillage permet également de déshydrater davantage les graines et de les stériliser (amélioration de la conservation). Cependant un grillage trop important peut détruire une partie des acides aminés, en particulier la lysine.
  • Mouture de tous les ingrédients ensemble ce qui contribue au mélange des ingrédients et permet d'obtenir une farine riche en matières grasses sans extraction d'huile.
  • L’adjonction de compléments minéraux et vitamines est possible sous formes de mélange tout prêt.
  • Respect des principes d'hygiène à toutes les étapes de fabrication. Rapidité de l’étape comprise entre grillage et ensachage.
  • Conditionnement de la farine en sachets résistants et conditionnement du malt dans une petite pochette séparée. Pas de conditionnement en vrac pour éviter les pertes.
  • L'adjonction de malt se fait après la cuisson de la bouillie. (Certaines UPA Misola incorporent de l’amylase industrielle à la farine en même temps que les minéraux et les vitamines et ne préparent donc pas de malt).
    • La qualité bactériologique de la farine repose sur le respect d'une hygiène de fabrication rigoureuse.
  • L'unité de fabrication, l'aire de séchage seront isolées de tous animaux. Il est souhaitable de clore l'U.P.A. avec un mur.
  • La propreté des locaux sera maintenue par un balayage quotidien des pièces et hall de travail, par un lavage à l'eau de Javel au minimum 1 fois par semaine et par un nettoyage régulier des pièces de stockage.
  • Les récipients et ustensiles de préparation seront maintenus bien propres avec de l’eau javellisée.
  • Les moulins seront régulièrement ouverts et nettoyés.
  • Eviter d’utiliser, après le grillage, des objets en bois, difficiles à désinfecter.
  • Un soin particulier sera apporté à l'hygiène des mains qui seront lavées au savon. Eviter toute manipulation de la farine à la main. Le meunier devra aussi se laver les mains.
  • Le port de blouses est recommandé.
  • Eviter les eaux stagnantes, veiller à une bonne évacuation des eaux usées.
  • La lutte contre les insectes, mouches, charançons sera une préoccupation constante et ne sera possible qu'au prix d'une propreté parfaite. Eloigner et isoler les céréales charançonnées.

2. LA PRÉPARATION DES INGREDIENTS

      • Préparation du PETIT MIL…..

  •  ……ou du MAÏS

 


La préparation du petit mil et du maïs sont presque identiques.
-

  • Vanner le petit mil si les grains sont poussiéreux.

 

  • Trier les grains de maïs à la main (en particulier en forêt où les grains moisis ou charançonnés sont porteurs d’aflatoxines
  • Laver plusieurs fois pour ôter la poussière, des cailloux, des mauvais grains.
  • Egoutter dans des paniers ou des sacs suspendus
  • Sécher (facultatif) sur des séchoirs en ciment ou des nattes bien aérés et ensoleillés.
  • Griller immédiatement après l’égouttage, si on ne sèche pas. Si on dispose d'un grilloir tambour, le remplir de grains et tourner pendant 1/2 heure à 1 heure. Si on utilise des marmites en aluminium ou en terre, remuer en permanence les grains (avec une louche ou équivalent). Toujours éviter de brûler les grains.
  • Refroidissement : sur des nattes ou par vannage. Couvrir d'un linge si il y a des mouches.
  •     Vanner le petit mil
  • Trier les grains brûlés de maïs
  • Mesurer

Si l'utilisation n'est pas immédiate, conservez les grains dans le local des produits semi finis à l'abri de la poussière et des insectes (bassine fermée avec un couvercle après refroidissement), et les utiliser dans les 2 à 3 jours. Au-delà, il faudra regriller brièvement (pour re-déshydrater et stériliser) et vanner à nouveau.

N.B.  A défaut de Petit Mil, il est possible de le remplacer par du Sorgho

 

  • Préparation du SOJA :

Plusieurs procédures sont possibles pour éliminer les peaux et griller sans brûler.

            Procédure n° 1

  • Tamiser pour calibrer les grains : l'utilisation d'un tamis à soja, tôle ou carton percée de trous calibrés (diamètre 5mm) permet d'éliminer les petites graines, les grains peu mûrs et petits cailloux et de retenir les grosses graines, ce qui facilite les étapes ultérieures. Oter les éventuels gros cailloux.
  • Si les grains sont gros et de taille homogène, un vanner peut être suffisant.
  • Griller les grains calibrés, au tambour ou dans une marmite, suffisamment longtemps pour obtenir une émission de vapeur pendant une dizaine de minutes. Les graines restent entières mais les peaux peuvent se fendre. Bien tourner le tambour et mélanger les grains pour obtenir une cuisson homogène. Arrêter la cuisson avant de sentir l'odeur de brûlé.
  • Refroidir : en étendant les graines grillées sur des nattes.
  • Décortiquer : Le moyen le plus simple est d'utiliser un moulin à mil ou à arachides en écartant les meules à la dimension des grains. Les grains se séparent en deux et les peaux se décollent sans écraser les grains (éviter l'usage d'une décortiqueuse qui casse les grains).
  • Vanner pour éliminer les peaux, en conservant les germes.
  • Laver très rapidement, égoutter et sécher (ne pas laisser tremper), pour éliminer peaux poussières et cailloux. (Facultatif si grains bien propres).
  • Trier les grains : pour éliminer les petits grains pas mûrs, ceux qui ont gardé leur peau ou qui sont brûlés.
  • Déshydrater et re-stériliser au tambour (seulement si lavage) ou si l'utilisation n'est pas immédiate.

            Procédure n° 2

Cette procédure consiste à laver rapidement le soja juste avant le grillage. Elle est particulièrement adaptée aux petites quantités, aux préparations rapides (démonstrations) et en climat humide.

  • Préparation des ARACHIDES :

  • Eliminer par tamisage calibrage les petites graines car elle brûlent facilement.
  • Trier très soigneusement pour écarter les contaminations par les aflatoxines
  • Griller à feu doux, au tambour ou à défaut dans une marmite.
  • Dépelliculer et vanner pour éliminer les peaux.
  • Trier  des graines brûlées.
  • Si l'utilisation n'est pas immédiate, regriller brièvement pour re-déshydrater et stériliser).
  • Préparation du SUCRE et du SEL:

  • Utiliser du sel iodé  (sauf non disponibilité)
  • Préférer le sucre cristallisé, plus facile à utiliser et moins cher. Le sucre en morceaux, grossièrement pilé, est également utilisable.

 

  • Préparation des Compléments Minéralo Vitaminique :

Pour les fabrications « Farine Misola avec CMV », préparer, selon les indications du fabricant, les doses de CMV correspondant à la quantité de farine moulue. S’agissant de petites quantités, une balance de type pèse lettre peut être nécessaire mais il est aussi possible d’utiliser un dosage volumétrique, la précision absolue n’ayant pas d’intérêt.

3. SCHEMA  DE  LA   PREPARATION   DES   INGREDIENTS

Céréale

 

Soja

Procédure n°2

 

Arachide

 

Sucre

 

Sel Iodé

 

Malt
de sorgho
ou de maïs 

Petit Mil
(ou Sorgho)

ou Maïs

 

 

  Trier les mauvais grains

(Tamiser pour calibrer)

(Tamiser pour calibrer)

Piller
si en
morceaux

Piller le sel

Choisir de très bonnes graines

Vanner

(Vanner)

(Vanner)

 (Trier  les
mauvais grains)

 

 

Trier au tamis
 et / ou manuellement

  Laver

Laver
↓  

Laver

 

 

 

 

Laver 

Egoûter

Egoûter

Egoûter

 

 

Tremper 10-14 heures

(sécher)

(Sécher)

 

 

 

Faire germer

Griller

Griller

Griller

Griller

 

 

Bien sécher

Décortiquer

Dépelliculer

 

 

Moudre

Vanner

 

Vanner

Vanner

 

 

Tamiser

 

Trier les grains brûlés

Trier les grains brûlés

Trier les grains brûlés

 

 

Mesurer :
Peser   60%
ou
6 volumes

Mesurer :
Peser   60%
ou
6 volumes

Mesurer :
Peser  20%
ou
2 volumes

Mesurer :
Peser  10%
ou
1 volume

Mesurer :
Peser   9,5 %  ou
½  volume

Mesurer :
~ 0,5%
ou
selon le goût

Ensacher dans petite pochette
(7 à 10 gr)

Mélanger sel et sucre   

 

Bien  mélanger le tout

 

 

Mettre la pochette dans la  partie supérieure du sachet.

Souder à nouveau

    Moudre finement
 ↓

Tamiser 
↓   

Ensacher (en 200g ou 500 g )

Souder

4.   LES MÉLANGES EN POIDS

Les ingrédients étant préparés en quantité suffisante, ils sont pesés l'un après l'autre, en respectant les proportions pour 20, 50, ou 100 sachets, selon les quantités indiquées dans le tableau ci-après.
Le sel et le sucre pourront être mélangé ensemble avant d’être incorporé aux autres ingrédients.

La quantité de chaque ingrédient sous forme brute est également indiquée de façon à connaître les quantités d’ingrédient qu’il faut acheter ou avoir en magasin.

           Quantité de farine
            souhaitée             ®
.

      10 kg

      25 kg

      50 kg

      400 kg

1 Tonne

          ou Nombre de sachets
          de 500g souhaités   ®
.

    20 sachets

    50 sachets

  100 sachets

  800 sachets

2000

          ou Nombre de sachets
          de 200g souhaités   ®
.

   50 sachets

125 sachets

250 sachets

2 000 sachets

5 000 sachets

 

Ingrédients nécessaires:

 

 

 

 

 

  Mil* ou Maïs préparé
     soit mil brut (≈1/3 en plus)
.

     6 kg
         8 kg

     15 kg
          20 kg

      30 kg
          40 kg

     240 kg
          320 kg

8 sacs

 Soja préparé
      soit soja brut
         (1/2 à 2/3 en plus)
.

     2 kg
         3,2 kg

      5 kg
         8 kg

      10 kg
          16 kg

     80 kg
         130 kg

3 sacs
+ 20 kg

  Arachides préparées
      soit en coques
         (1/2 à 2/3 en plus)
      soit arachide grains bruts
         (1/10 en plus)
.

     1 kg
        1,6 kg

     1,1 kg

     2,5 kg
          4 kg

    2,7 kg

      5 kg
           8 kg

     5,5 kg

     40 kg
          64 kg

       44 kg

 

1 sac
+ 10 kg

   Malt
       Soit Sorgho ou maïs
          (deux fois plus)
.

 

0,5kg
1 kg

 

 

20 kg
40 kg

Sucre
.

0,900 kg

2,250 kg

4,500 kg

36 kg

90 kg

Sel Iodé
.

100 g

250g

500 g

4 Kg

<10 kg

TABLE DE PROPORTIONS POUR LES MELANGES EN POIDS
des ingrédients nécessaires à la préparation de la farine Misola

       Les ingrédients pesés sont alors versés dans une grande bassine et bien mélangés à la palette (cuillère) métallique.
      

5.   LA PRÉPARATION DE LA FARINE DE CÉRÉALE GERMÉE OU MALT

La préparation du malt de sorgho ou de maïs est proche des méthodes traditionnelles utilisées pour préparer les bières locales. En raison des exigences de qualité et d’hygiène, il est préférable que les UPA préparent elles même leur malt selon la procédure ci-dessous.
LES  5  ÉTAPES  DE  PRÉPARATION DU  MALT  RICHE  EN  AMYLASES

1 - Choix des graines, triage, lavage

Bien choisir les grains,

Utiliser des grains bien mûrs, de la dernière récolte.
Préférer le sorgho, céréale la plus communément utilisée ou le maïs, de germination plus lente mais facile à trier.

Le mélange de différentes variétés de sorgho (rouge + blanc) semble améliorer l’efficacité du malt.

les trier,   

Enlever les mauvaises grains qui germeront mal : petit grains, grains abîmés.

 

puis les laver.

Eliminer soigneusement tout ce qui flotte, le sable et les cailloux.

 

 

2 - Trempage, égouttage

Les faire tremper,
puis
égoutter

Pendant 10 à 14 heures.
Utiliser pour le trempage de l’eau légèrement javellisée.

Changer l’eau de trempage plusieurs fois pour éviter que la fermentation lactique acide tue les grains.

 

3 – Germination

Les mettre à germer,

Mettre à germer à l’abri du soleil en couche mince dans un panier, grand plat… et recouvrir d’une toile propre et mouillée.

  Couvrir et maintenir dans un endroit chaud pour éviter que la germination s’arrête en particulier les nuits froides.

Les maintenir humides
   

Par arrosage régulier ou par immersion, plusieurs fois par jour. Utiliser de l’eau légèrement javellisée.

  Eviter les manipulations qui pourraient casser les germes.
Par temps très sec, veiller à ne pas laisser les grains se dessécher (couvrir)

….jusqu’à ce que les germes se soient développés.

Obtenir un germe de 2 à 4 cm selon le grain, soit un temps de germination d’environ 3 jours pour le sorgho et de 5 jours pour le maïs.
Prélever en éliminant les grains moisis ou non germés.

  Ne pas relaver les grains germés ce qui rendrait le séchage plus long.

 

4 – Séchage, égermage, vannage

Faire sécher

Laver la surface de séchage à l’eau javellisée.
Etaler en couche mince, au soleil.
Une fois très sec, prélever à la fourchette de façon à faire tomber les grains qui n’ont pas germé.

En zone très humide, il peut être nécessaire d’utiliser un séchoir solaire ou un séchoir chauffé.  La protection contre les insectes peut nécessiter une moustiquaire.

Egermer
Vanner

Séparer les grains des germes en les frottant entre les mains puis vanner.

Avoir mains, vans et tamis parfaitement propres et secs.

 

5 - Mouture, Tamisage, Test, Conditionnement.

Moudre

Moudre finement les grains égermés très secs, après nettoyage du moulin.

L’amylase est dans le grain, pas dans le germe

Tamiser

Utiliser un tamis à mailles fines pour obtenir du malt tamisé.

Effectuer mouture et tamisage au moment le plus sec de la journée pour qu’il se conserve.

Tester

Vérifier que malt a un fort pouvoir de liquéfaction

 

Conditionner

Conditionner le malt dans les petites pochettes.

Retester éventuellement son efficacité avant conditionnement

La qualité enzymatique du malt doit être testée avant d’être mis dans des pochettes. (Ce test sera refait lors de l’expertise du paquet). Le test d’efficacité reproduit les conditions d’utilisation par les mères : L’adjonction de 500 mg de farine de céréale germée, c’est à dire 3 pincées dans 200 ml de bouillie chaude (entre 75 et 70°C) préparée selon la recette MISOLA (1 volume de farine pour 2 volumes d’eau) doit produire la liquéfaction de la bouillie. Si le malt ne liquéfie pas suffisamment la bouillie, préparer à nouveau du malt.

6.  LA  MOUTURE DES INGREDIENTS

  • Le mélange des ingrédients est moulu, deux fois si nécessaire, de manière à obtenir une farine bien fine.
  • Les premiers 500 grammes de farine obtenus « lave le moulin ». Si le moulin n’a pas servi depuis plusieurs jours ou a été utilisé pour d’autres grains, ne pas conditionner en sachet la farine de début de mouture et l’utiliser pour d’autres usages. Il y aura ainsi moins de contaminations bactériennes.
  • Le fait d'écraser les grains tous ensemble permet d'éviter la libération d'huile.
  • Le sucre s’écrase sans coller aux meules puisqu’il est mélangé avec les autres ingrédients
  • Le moulin doit être entretenu régulièrement, ouvert et bien nettoyé, pour éviter toute contamination interne : charançons,  papillons.

       N.B. Si la mouture est faite dans un moulin de la ville, une femme de l'U.P.A.
contrôlera l'hygiène :

  • Demander au meunier de se laver les mains et de « laver le moulin ».
  • Veiller à la propreté de la « manche » de sortie du moulin. Eventuellement en mettre une propre le temps de la mouture pour « Misola ».
  • Apporter des récipients propres, parfaitement secs, avec couvercles, pour recueillir et transporter la farine.

7.   L’ INCORPORATION  DES   MINÉRAUX  ET  DES   VITAMINES

Ce paragraphe ne concerne que les quelques UPA qui complémentent leur farine avec des CMV (Compléments Minéralo-Vitaminiques). L’incorporation peut se faire avant ou après la mouture.

  •  Avant la mouture : Mélanger préalablement les CMV au Sucre et au Sel, puis mélanger le tout avant de passer au moulin.
  • Après la mouture : L’incorporation à ce stade évite de chauffer les vitamines. Elle est plus minutieuse et doit être faite avec la plus grande propreté puisque c’est une étape après grillage.

      Procéder par mélanges successifs : Par exemple, pour ajouter la dose de CMV correspondant à la complémentation de 10 Kg de farine :

  • Dans un bol, verser la dose de CMV.
  • Y ajouter peu à peu, en mélangeant  intimement (à la fourchette), un peu de farine prélevée dans les 10 kg jusqu’à obtenir environ un demi bol  (1er mélange).
  • Puis mélanger ce demi bol à 1 ou 2 kg de farine (2nd mélange).
  • Enfin mélanger ce 2nd mélange au reste de farine.

Ces deux procédés d’incorporation permettent d’obtenir un mélange homogène du CMV à la farine, mélange qui sera encore amélioré par le tamisage. L’usage d’un mélangeur est donc inutile et serait source de contaminations.

8.   LE TAMISAGE

  • La farine est tamisée avec un tamis fin, de préférence entièrement métallique et bien lavé. Le tamisage immédiat :
    • permet d’améliorer encore le mélange des ingrédients (et des CMV),
    • accélère le refroidissement et
    • donne une farine plus sèche.
  • Tamiser aux heures sèches de la journée.
  • Eviter le tamisage par temps de pluie car la farine absorberait l’humidité au lieu d’en perdre.

N.B. Si les différents grains ont été décortiqués et si la mouture est bien fine, il ne reste que très peu ou pas de son ni de semoule.

9.   L’ENSACHAGE

Il est rappelé que seules les UPA ayant signé la Charte Misola sont habilitées à  utiliser des sachets au logo Misola®.

Conditionnement  en sachets de  500g  (ou de 200g ou de 250g)

  •  L’utilisation d’une balance à plateaux  (type Roberval) est plus rapide et plus fiable que l’utilisation de balances électroniques
    • Les sachets sont remplis, grosso modo.
    • Puis chaque sachet est posé sur le plateau pour ajuster son poids à la valeur égale ou légèrement  supérieure à celle inscrite sur le sachet.  
    • Chaque sachet est soigneusement fermé au soude sac, ou au fer chaud, en exprimant l'air du sachet.
    • Vérifier que la soudure est hermétique (la farine ne sort pas si on tape légèrement sur le sachet entre deux mains).
  •  Ne pas mettre en vente de sachets défectueux.

Conditionnement du malt

    • Confectionner des petites pochettes en plastique fin.
    • Y mettre 2 cuillères à café de malt, soit environ 7g (1 cuillère à café pour les sachets de 200g, soit environ 3,5 g).
    • Fermer la pochette en faisant un nœud ou en la soudant.
    • La pochette de malt sera placée au sommet du sachet de farine, au dessus de la première soudure,
    • Le sachet alors sera soudé une deuxième fois, de façon à ce que la pochette de malt soit située entre les deux soudures.

10.  LA QUALITÉ ET LA CONSERVATION DE LA FARINE

La farine Misola est destinée en premier lieu à l’enfant jeune, parfois malade. De façon à répondre à sa faim, à lui procurer du plaisir, à contribuer à son rétablissement et à sa croissance, la farine et la bouillie Misola doivent assurer en permanence d’excellentes qualités nutritionnelles et gustatives et ne pas être contaminées.
Pour s’assurer d’une qualité constante de la farine, les ateliers de production sont tenus de respecter les indications données ci-dessus. Ils sont également guidés dans leur travail par des analyses chimiques et bactériologiques, au minimum une fois par an. Le respect du « Cahier des charges » du projet Misola doit être pour eux un objectif permanent.

La qualité des matières premières et la constante rigueur de fabrication constituent les principaux garants, au jour le jour, de la qualité du produit fini. Mais c’est aussi  la qualité des outils de travail, leur entretien et leur renouvellement qui doivent être assurés.

Cette exigence de qualité est dûe aux enfants. Elle constitue aussi un critère fondamental pour gagner et fidéliser les consommateurs et être crédible auprès des association et organismes nationaux et internationaux susceptibles d'acheter de la farine dans le cadre de leurs actions de lutte contre la malnutrition.

Misola est une farine à cuire. Même si l’eau utilisée pour préparer la bouillie n’est pas parfaite, cette cuisson évitera une contamination. C’est une garantie supplémentaire.

Le suivi de la qualité incombe aux responsables de l'U.P.A..

N.B. Le coût des analyses pour contrôle de qualité est très élevé et ne pourra être inclus dans le budget de fonctionnement de l'U.P.A.. L'intervention du laboratoire d'analyse du Ministère de la Santé du pays, ou d'autres laboratoires accrédites, pourra nécessiter des financements complémentaires (associations partenaires).

  • Les bonnes pratiques de qualité et de conservation :
  • La bonne qualité chimique de la farine dépend.
    • De la qualité des matières premières (grains de bonne qualité, pleins et biens mûrs),
    • Du respect des procédures de préparation de chaque ingrédient, (absence de sable ou de cailloux, élimination des peaux du soja et du son, grillage suffisant et homogène…).
    • Du respect des proportions en poids ou en volumes,
    • D’une mouture suffisamment fine.
  • La bonne qualité bactériologique de la farine dépend.
    • De la qualité des matières premières (absence de moisissures),
    • De l’entretien des locaux, (nettoyage et lavage à l’eau javellisée), (lutte contre les insectes), (mise à l’écart de tout animal, poules, rongeurs, lézards…) et le l’absence de contact direct avec la terre ou le sable.
    • De l’entretien du matériel de fabrication,
    • De l’entretien du moulin (moisissures à l’intérieur nécessitant démontage et nettoyage périodique).
    • De l’utilisation d’eau propre qui sera javellisée quand cela est nécessaire,
    • De la rapidité des étapes entre grillage / stérilisation et ensachage,
    • Du recours minimum aux manipulations à main nues (qui doivent être fréquemment lavées) .
    • De l’hygiène vestimentaires (blouses, gants, masques)
    • De la poussière (éviter d’effectuer les phases terminales si vent, poussières et sable)
  • La basse teneur en humidité de la farine dépend.
    • D’un séchage mais surtout d’un grillage suffisant,
    • De l’exécution des étapes entre grillage et ensachage aux heures sèches de la journée, en particulier en saison des pluies,
    • De l’utilisation de récipients parfaitement secs en particulier après l’étape du grillage.

Plus la farine est sèche, mieux elle se conservera.

  • La qualité du conditionnement dépend.
    • De l’utilisation de sachets résistants,
    • De soudures hermétiques.
  • La qualité et la conservation du malt
    • Préparer du malt très sec. Il gardera mieux son activité amylasique.
    • L’efficacité du malt diminue avec le temps. Ne pas le préparer trop à l’avance. Le cas é chéant, le garder au frais, au sec et à l’abri de la lumière (dans un bocal en verre bien fermé au réfrigérateur).
    • Le malt n’est pas grillé. Il faut donc veiller à le préparer très proprement.
    • Toujours tester ou re-tester son efficacité avant de le conditionner en pochette.
    • Placer la pochette entre deux soudures hermétiques au sommet du sachet.
  • Stockage et transport.
    • Ne pas stocker de farine en vrac.
    • Les sachets préparés d’avance seront conservés dans des contenants hermétiques.
    • Veiller à ce que le transport ne détériore pas les sachets.

Le respect des bonnes pratiques de fabrication et de conservation permet à la farine et au malt de garder ses qualités environ six mois.

 

F. Laurent / Relecture 07 2007

 La fabrication dans les UPA
 Texte extrait de « Projet Misola, Livret n°2 : La Farine Misola »

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rd 01/02/08